Grossesse, post-partum et allaitement : quand la machine s'emballe (et qu'on apprend à lâcher prise)
Hello tout le monde !
J'espère que vous allez bien. Pour ce premier post, je vous livre mon expérience de jeune maman que je suis désormais depuis le 16 juillet dernier.
Pour ceux et celles qui ne me connaissent pas.. je suis en couple depuis 6 ans avec Cedric, mon compagnon (rencontré via Instagram, pendant le confinement.. comme quoi 😁).
Nous avions décidés de faire un bébé, après avoir utilisé la pilule pendant plus de 15 ans, un mois après mon arrêt, je tombe tout de suite enceinte (à ma grande surprise) et nous voila partis pour une nouvelle aventure, celle d'abord de la grossesse puis, celle de devenir parents.
Ma grossesse, 9 mois de pur bonheur (enfin presque..)
Toute ma grossesse a été une grossesse "témoin", comme l'a appelé une de mes amies.
C'est vrai, j'ai eu beaucoup de chance, pas de vergetures, pas souffert de mes hormones, quelques nausées et grosse fatigue les trois premiers mois, mais en dehors de ça, je n'ai pas eu de maux particuliers. À partir du 4ème mois jusqu'au 9ème mois, j'étais globalement en forme et prête pour mon accouchement.
L' accouchement
Je ne vais pas vous décrire chaque étape de mon accouchement, car vous vous en doutez de comment ça se termine.. Tout s'est super bien passé encore une fois, hormis le temps d'attente (plus de 26 heures entre le moment où est arrivés à la maternité et le moment où ma fille est sortie). Une fois la péridurale posée, c'était du "gâteau", je suis presque prête à recommencer !
La première rencontre avec Joy, notre fille, a été un moment suspendu. Nous avons plongé dans les yeux l'une de l'autre... et c'était parti pour cette magnifique aventure.
1. Le début du tourbillon (et le choc du premier jour)
Avant d'accoucher, j'avais choisis de pratiquer l'allaitement maternel exclusif.
Lors du séjour à la mater, le personnel soignant m'a donc incité à donner toutes les 4h au départ, puis toutes les 3h, puis pour finir toutes les 2h30. Je me retrouve alors un peu perdue mais je m'exécute tout de même toutes les 2h30 pour donner le sein. Car mon bébé perd du poids un peu trop rapidement (ce que je comprendrais plus tard).
Je sens le personnel m'encourager dans cette voie, avec des discours très engagé sur les bienfaits du lait mater etc.. puis vient le point de non retour pour moi : le tire-lait ! Un jour, sans prévenir, on m'amène une machine étrange, un tire-lait électrique.
En gros, on vous place un bandeau sur la poitrine, avec 2 trous pour l'emplacement de vos mamelons. On vous relie à la machine avec 2 pompes électriques et on vous dis, qu'il vous faudra pomper votre lait minimum 20 min par jour, le mettre dans un biberon et compléter avec les tétées au sein toutes les 2h30.
Et là dans ma tête, ça vrille. Je ne me sens plus considérée comme une personne mais comme une usine à produire du lait. Littéralement une vache à lait. Ça me saoule, me fatigue, on ne me demande pas mon avis ni même de savoir comment je me sens.. c'est un trop plein qui va me faire douter de tout. De ma façon dont je m'occupe de Joy, si je suis finalement une bonne mère.
De pourquoi j'avais choisi ce type d'allaitement, si vraiment c'était le bon choix.
Que j'avais pas pris suffisamment le temps de bien me renseigner avant de m'engager dans cette voie qui demande sacrifice de tout. De s'oublier complètement pour le bien-être de son bébé. Je comprends alors que je suis la pièce maîtresse et que si je faille à mes obligations, ma fille ne pourra pas se nourrir.
Par peur de me sentir encore plus en décalage par rapport à Cédric qui avait l'air lui de gérer avec une facilité déconcertante, je me mue dans le silence. Je garde pour moi, serre les dents et encaisse tant bien que mal ce nouveau rôle qui est désormais le mien.
Malheureusement cette sensation ne va pas disparaître et va s'accentuer de plus en plus dans les jours à venir. Et cette boule de nerf va finir par exploser en plein vol. Je me mets à pleurer, souvent, longtemps.
Cédric ne comprend pas, m'encourage à me confier afin de pouvoir régler le soucis qui me ronge depuis un moment. Je finis par tout lui confier. Après une longue discussion, en vient la question de l'allaitement qui visiblement est le point névralgique du problème. Après tout, il y a d'autres alternatives.
Si cette situation ne me rend pas heureuse, alors il vaut mieux peut être arrêter et changer de stratégie. C'est alors qu'on prends la décision à deux, de passer à un allaitement au biberon avec du lait infantile pour Joy.
Ce choix m'insuffle un nouvel élan de confiance, je me sens alors plus libre de mes choix, plus aligné avec la mère en devenir que je veux être.
Malheureusement cet état de sensibilité accrue ne disparaît pas depuis plusieurs jours. Je reste fragile, un rien me refait basculer et sombrer dans un état proche de la dépression post partum, celle dont tout le monde parle.
Avant de partir de la maternité, nous décidons d'en parler à l'équipe soignante qui va s'occuper de notre départ. Je comprends alors qu'il ya deux écoles. Celle qui comprends ne juge pas, et celle qui ne veux pas comprendre ni se mettre à ta place.
Bref, on prends les conseils de l'équipe surtout au niveau de la montée de lait qui se fait automatiquement. Je comprends alors qu'il va falloir continuer à faire des tétées pour que le lait s'évacue de mes seins et ne restent pas bloqués à l'intérieur (ce qui pourrait causer des douleurs). Je prends les conseils et on rentre à la maison.
2. Entre doutes et nuits blanches à la maison
On décide de maintenir 2 tétées par jour et le reste au biberon. Ça fonctionne plutôt bien dans l'ensemble, même si mes seins deviennent très sensibles au fur et à mesure. Mais je continue ne perdant pas espoir. Le moral revient peu à peu, mais reste fragile.
Surtout quand je teste des choses avec Joy qui ne fonctionnent pas toujours. Je retombe alors dans cette fragilité et craque de nouveau. Un cercle vicieux qui ne veut pas s'arrêter.. ça commence à me faire peur. Je me mets énormément de pression voulant bien faire. Et c'est tout l'inverse selon moi qui se produit.
Puis vient le soir, je donne le sein à Joy, je sens mes seins douloureux mais pas plus que d'habitude. Elle se recouche et je vois alors du sang sur mon téton. Je comprends alors que ce n'est pas une crevasse... enfin si, c'est bien ça. Je prends soin de mon sein et on fait la soirée de notre côté au calme.
3. La grosse frayeur des urgences
Puis Joy se réveille pour avoir un biberon. Et la, on voit du sang dans le lit.
Panique totale de mon côté, je cherche une plaie sur elle mais rien. On appelle les urgences pédiatriques qui nous conseille de venir pour un examen. On arrive sur place, je craque de nouveau, car je me dis que c'est (encore) de ma faute, que ça vient de moi. Puisque je comprends que le sang retrouvé dans le lit, c'est Joy qui l'a régurgité après le biberon.
Elle a avalé du sang venant de mon sein.
L'examen médical se fait et le verdict tombe, rien de grave. Le sang avalé ne lui a pas fait de mal. Juste recraché. Je me sens soulagée et à la fois perdue, je n'arrive pas à me reprendre.
D'ailleurs petit apparté, nous sommes allés aux urgences pédiatriques de Neuilly sur Seine, que je vous recommande +++ Nous avons été pris en charge très rapidement, l'équipe de nuit a été aux petits soins.
4. Apprendre à souffler et à se faire confiance
On rentre doucement à la maison. Plus de peur que de mal. Cette situation sensible nous rapproche avec Cédric. On parle beaucoup et ça me fait du bien.
Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait d'apprendre à vous faire confiance et de prendre le temps. N'hésitez pas à parler, même si ce n'est pas toujours évident, à votre partenaire. Laissez-vous du temps : cela peut prendre bien plus longtemps qu'on ne l'aurait cru.
Si vous en avez la possibilité, un conseil que j'ai appliqué et qui m'a fait un bien fou : partez quelques semaines ou même un mois, dans un lieu ressourçant, hors de votre domicile, avec votre famille. Au-delà de l'aide précieuse que cela apporte, le simple fait de partir de chez soi permet de s'aérer l'esprit et de souffler.
Ça a été mon cas cet été : je suis partie un mois avec mon compagnon et ma fille pour rejoindre ma maman en Normandie, loin des chaleurs de Paris. Ça nous a fait un bien fou. Nous avons pris nos marques différemment, et en rentrant, nous étions prêts à reprendre le rythme plus soutenu de la vie parisienne.
Je ne dis pas que vous ne ferez pas d'erreurs, on en fait tous ! Mais vous serez, normalement,
un peu plus reposée et détendue pour repartir du bon pied.
N'hésitez pas à commenter,
Prenez soin de vous.
😘


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